Historique

Boeung Kak Lake

Le quartier de Boeung Kak, situé au nord de Phnom Penh, capitale du Cambodge, a toujours été connu pour son lac de 90 hectares, un des derniers espaces vert au cœur de la ville. Il était entouré par neuf villages, qui grâce à cette réserve d’eau naturelle pouvaient subvenir à leurs besoins avec la pêche, le maraîchage et le tourisme.
C’était un quartier populaire, apprécié tant par les locaux que par les touristes, qui appréciaient flâner le long des berges en regardant le coucher du soleil les pieds dans l’eau. Il avait pour réputation d’avoir une atmosphère similaire à Goa.

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Le premier ministre décide de vendre le lac en 2007 à une compagnie chinoise (Shukaku Inc.) pour un projet de quartier d’affaire sans que ne soient sérieusement considérés les impacts sociaux et environnementaux d’un tel projet. Engagé dans une course au développement économique, le Gouvernement cambodgien n’hésite pas à sacrifier son propre peuple au nom d’intérêts financiers.

Le bouleversementLakeside-Flooding-2802small

2007 : le Gouvernement cambodgien accorde un bail de 99 ans pour 80 millions de
dollars à la société chinoise Shukaku Inc. dirigée par le sénateur cambodgien Lao Meng Khin

2008 : le lac devient un terrain privé et la société commence 26 aout 2008l’assèchement

2011 : la Banque Mondiale suspend l’aide financière au Gouvernement C
ambodgien. Celui-ci édite un sous-décret rétrocédant les droits de propriété de 12,44 hectares aux familles de Boeung Kak

2014 : Shukaku Inc. annule ses projets initiaux faute de fonds suite 35E9E7BC-3B22-4223-B9B0-C060F772E125_w640_r1_sau retrait d’un investisseur chinois.

2015 : Les ONG nationales et internationales continuent de soute
nir les habitants pour qu’ils retrouvent leurs terres mais rien ne bouge… Pendant ce temps le Gouvernement cherche à sauver les apparences du gâchis revendant le terrain par parcelles

Une mobilisation nationale & internationale : le mouvement Save Boeung Kak

Ces injustices donnent naissance en 2009 au mouvement activiste Save Boeung Kak mené une femme : Tep Vanny.

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Afin de défendre leurs droits, les habitantes organisent des manifestations pacifistes mais elles sont systématiquement réprimées dans la violence par les forces de l’ordre. D’innombrables arrestations ont lieu et les habitants et manifestantes sont régulièrement victimes de la violence d’Etat.

Les recours aux moyens légaux, soutenus ou non par des organismes internationaux sont tous rejetés par les autorités cambodgiennes.

Finalement, en août 2011, après des années de protestation de la part des habitants de Boeung Kak, le Gouvernement rétrocède des droits de propriétés sur 12,44 hectares à 800 familles, une première victoire humaine et territoriale pour les habitants.
Cependant, la lutte continue puisque 90 familles n’ont pas pu récupérer de terre. Depuis le milieu de l’année 2012, les protestations continuent pour dénoncer l’exclusion de ces familles du sous-décret qui rétrocédait 12,44 hectares.
De plus, les activistes continuent la lutte, car des expulsions ont toujours cours.

https://saveboeungkak.wordpress.com/

Film documentaire « Même un oiseau a besoin de son nid » de Christine Chansouet Vincent Trintignant-Corneau consacré aux familles expulsées de Boeung Kak. Ils posent un regard objectif sur la situation, recueillant l’avis des habitants, mais aussi celui du gouvernement.

 L’économie locale ayant été réduite a néant , le quartier devient un repaire pour les vendeurs de drogue et la réputation de Boeung Kak est dite dangereuse. L’avenir semble sans issue au yeux de la population.